Histoire

« Il fait bon de se nicher aux Jardins Taché »

Brève histoire des Jardins Taché 

Une photographie provenant de la section géomatique du ministère des Ressources naturelles du Canada, présente une vue aérienne du projet immobilier en 1968. On reconnaît le boulevard Taché au sud, en bas de la photographie. À l'ouest (à gauche), plus précisément à l'intersection du boulevard Taché et de la rue St-Dominique, on devine la présence d'un poste d'essence. Ce dernier voisine le populaire restaurant Le Royal Burger, bien connu pour son « drive-in », le premier à Hull.

Une photographie du ministère des Ressources naturelles du Canada, présente une vue aérienne du projet immobilier en 1968. On reconnaît le boulevard Taché au sud. À l’ouest (à gauche), plus précisément à l’intersection du boulevard Taché et de la rue St-Dominique, on devine la présence d’un poste d’essence. Ce dernier voisine le populaire restaurant Le Royal Burger, bien connu pour son « drive-in », le premier à Hull.

C’est sans doute à Simon Glazer, originaire de Gaspésie, que l’on doit le nom de notre quartier. Cet entrepreneur en construction associé aux frères Grégoire dirigeait les Entreprises Montcalm inc. Glazer et ses frères sont les premiers bâtisseurs de ce quartier résidentiel à la fin des années 1950. « Il fait bon de se nicher aux Jardins Taché », pouvait-on entendre à la radio à l’époque. Il faut aussi dire que les Cités-Jardins, un concept d’urbanisme mariant construction et nature, avaient alors la cote. Le Bulletin de juin 2009, rédigé lors des célébrations du 50anniversaire de l’ARJT, brosse un riche portrait de l’histoire du quartier, en particulier sous la plume de M. Jean-François Léger.

Les premières maisons voient le jour sur la rue St-Dominique, ainsi nommée en 1956. C’est aussi cette année-là que les premières fondations et façades de briques rouges ou jaunes, typiques des rues Moncion, St-François et du haut de Gabriel-Lacasse, sont construites. Dans le Bulletin d’avril 1999, un résident de longue date du quartier, Claude Turmel, indiquait que les premiers résidents du quartier étaient presque tous, fait inusité, en provenance de l’extérieur de la région, soit de jeunes professionnels venus s’installer en Outaouais. Certains résidents de quartiers avoisinants bien établis surnommèrent même le quartier des Jardins Taché de «Hypothèqueville».

Aujourd’hui, le quartier est plus hétérogène et comprend de nombreux logements locatifs et condos, ainsi qu’une coopérative d’habitation. De nouvelles générations s’y établissent, venus d’ailleurs en Outaouais, d’ailleurs au Québec, voir même d’Ontario et d’outre frontière. Plusieurs des enfants des résidents d’origine, quant à eux, sont heureux de retrouver leur ancien quartier.

Une association mobilisée

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 07H_P1000_D44_P015 (du site du Réseau du patrimoine gatinois)

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (tiré du site du Réseau du patrimoine gatinois)

Fondée en 1959 dès les débuts du quartier, l’Association des résidants des Jardins Taché se distingue par son dynamisme et par la forte mobilisation qu’elle sait susciter lorsqu’émergent des enjeux citoyens qui touchent le quartier.

Ainsi, deux dossiers majeurs ont, tour à tour, défrayé les manchettes pendant plusieurs années et ont projeté l’Association à l’avant-plan de questions judiciaires et de protection du patrimoine.

En 1970, le premier événement majeur est survenu à l’intérieur du quartier et a résulté en une cause célèbre, qui a été entendue par la Cour suprême du Canada et qui a fait jurisprudence dans les annales des groupes communautaires. En effet, en contravention à son règlement de zonage, la ville de Hull avait autorisé la construction d’un édifice en hauteur par la compagnie Dasken. L’Association des propriétaires des Jardins Taché (ancien nom de l’Association des résidants) s’y était opposée et avait fini par l’emporter après de multiples péripéties ; l’édifice à demi-construit sur la rue St-François a été démoli en 1972. Le parc Ste-Thérèse s’élève maintenant à cet endroit.

Dans les années 1990, l’Association a mené une bataille de 13 ans pour faire protéger le domaine de la ferme Moore, sis juste à l’ouest de la limite du quartier, pour faire restaurer des bâtiments patrimoniaux uniques et pour empêcher la construction de centaines d’habitations en plein cœur du domaine. En 2005, la Commission de la capitale nationale a investi 3,5 millions de dollars pour restaurer les bâtiments de la Ferme et la Ville de Gatineau a protégé par zonage les terrains contigus. Au printemps 2015, on annonçait la conclusion prochaine d’une entente qui permettrait l’établissement du centre d’écologie et d’agriculture urbaine de Gatineau dans la Ferme.

Au fil des années, l’ARJT est montée au front pour défendre d’autres dossiers d’envergure, notamment aux côtés des parents de l’école Jean-de-Brébeuf afin d’éviter sa fermeture dans les années 1980. Plus récemment, elle a lutté, malheureusement en vain, pour éviter la fermeture de la rue Gamelin.

Liens relatifs à l’histoire des Jardins Taché et de l’ARJT